Loan Le / Pour l’amour du Pho

Titre : Pour l’amour du Pho     

Auteur : Loan Le

Série : one shot

Genres : romance young adult

Editeur : Akata

Collection : Young Novel

Date de Publication:   03/02/2022

Edition (papier/ebook ): papier

Pages : 347

Rating: 6/6

Présentation de l’éditeur

Pour l’amour du phở ouvrira le bal des parutions du label Young Novel en 2022 ! Ce roman est une réécriture moderne du classique Roméo et Juliette de Shakespeare où deux adolescents vietnamiens-américains tombent amoureux malgré les conflits qui opposent leur famille.

Cela fait des années que les Mai et les Nguyễn se livrent une compétition acharnée pour savoir qui détient le meilleur restaurant de phở. À cause de cela, Linh et Bảo se sont toujours évités. Mais même sans se côtoyer, tous deux savent que ce conflit dépasse le cadre d’une simple rivalité entre familles et trouve ses origines dans des blessures plus profondes. Quand par chance, Linh et Bảo se retrouvent à devoir travailler ensemble, ils se rendent immédiatement compte qu’ils peuvent devenir amis… et bien plus. Est-il possible pour eux de vivre leur amour malgré l’histoire et les conflits qui opposent leurs familles ?

Extrait

Mẹ secoue la tête, comme pour se débarrasser des mauvais souvenirs.

— Les rumeurs à notre sujet étaient horribles. Pas seulement en provenance de ce restaurant. Partout. Mais si j’essayais d’y répondre, de nouvelles pleuvaient, c’était sans fin. Alors j’ai décidé de les ignorer. J’ai mis tous mes efforts dans la nourriture, pour qu’elle parle pour elle-même. On s’est fait des amis, avec Ba, et puis on a établi une clientèle. Et le Jour du Phở, ça a si bien marché ! J’en suis extrêmement heureuse. Ça nous a fait beaucoup de bien. Mais tout est sans arrêt remis en jeu, et il faut toujours faire plus d’efforts pour prouver qu’on a notre place ici.

Je me demande si Mẹ parle de notre communauté, ou de l’Amérique en général. Je ne relève pas la tête.

Avis

Je tiens à remercier les éditions Akata et Delphine du label « Young Novel » pour l’envoi de ce SP.

Après avoir chroniqué « Nos mondes i-maginés » de Tetsuya déjà chez Young Novel, j’ai été très contente que l’éditeur accepte de me renouveler sa confiance avec ce nouveau service presse.

On ne va pas se le cacher, j’adore les romances, le young adult, et quand, en plus, on a enfin une romance qui propose un peu de diversité, j’ai envie de crier de joie en mode youhouuuu enfin ! Car ce nouveau Roméo et Juliette revisité (c’est dit dans le roman, je ne l’invente pas c’est effectivement ce genre d’idées 😉 ) se passe dans la communauté vietnamienne dont l’auteure est aussi issue et cela donne à ce roman toute son identité. Il y a des phrases en vietnamien, des mots, une culture prégnante qui transparaît dans chaque aspect du roman… et c’est si chouette sérieux ! J’ai tellement aimé cet aspect !

Les personnages évoquent beaucoup leur famille, les volontés et attentes parentales, mais aussi l’histoire de ces familles marquées par l’immigration pour fuir dans des conditions parfois très dures, c’est d’ailleurs retranscrit sans pathos, avec tact et finesse, mais ça reste très fort. Cet aspect du roman m’a infiniment touchée. Peut-être parce qu’il a réveillé aussi des souvenirs de ma propre grand-mère au vécu difficile qui a travaillé très tôt pour aider sa famille arrivée fraichement en France. Ce n’est pas mon histoire, mais c’est bien l’histoire familiale, c’est dans les récits que j’ai entendus, avec lesquels j’ai grandi, survivre en trimant dur en s’adaptant.

C’est bien rendu, on sent cet amour très fort des aînés, parfois les incompréhensions dues à la peur de voir ses enfants se confronter à des difficultés quand les plus jeunes ont besoin de tracer leur route, parfois même sans l’assurance d’un métier stable, comme l’héroïne qui souhaite devenir peintre sans oser le dire à ses parents. Le roman sur la fin se concentre vraiment sur cette notion familiale.

La deuxième grande part du roman, c’est une jolie histoire d’amour entre deux personnages que tout semble opposer… et pourtant si proches. On dirait presque des miroirs c’est ce qui m’a le plus surprise. Ils ont des réflexions communes par rapport à leur famille, leurs aspirations, les limites avec lesquels ils doivent composer et, bien sûr, leur vécu d’enfants qui grandissent dans un restaurant et aident au service, etc.

Ils sont à un moment charnière, juste avant de prendre leur envol et de quitter le lycée. Au moment des choix professionnels, d’études, et de l’entrée dans l’âge adulte. Chacun d’eux aide beaucoup au restaurant de leurs parents, donc ils n’ont pas une vie facile et c’est très bien rendu cette enfance passée avec des parents qui triment dur pour s’en sortir. Cela m’a rappelé le récit de proche dont les parents avaient un commerce et les heures dans l’arrière-boutique. J’ai trouvé la romance douce et son rythme est assez logique, sans être forcé. C’est joli, doux, ils se soutiennent c’est une relation positive et respectueuse (ce qui est sympa, ça manque parfois !)

La fin du roman aborde aussi des notions plus vastes, même si cela reste en marge, à savoir le racisme que peut essuyer toute une communauté, les préjugés et la façon dont il est difficile de faire avec. Ce n’est clairement pas une thématique centrale, mais c’est abordé et j’ai trouvé ça bien. Comme par petites pointes le ressenti du héros quand son père voit son propre père peiner à se faire comprendre en anglais par des serveurs, et une forme de gêne alors qu’il est très fier de ses parents.

Il y a vraiment plein de petites choses dans ce roman si on y regarde bien. Et ce respect et cet amour pour leur communauté des deux héros m’a touchée, c’est très joliment retranscrit. Accessoirement, toutes les scènes dans le restaurant finissent par donner faim, mais bon c’est du détail (je veux un pho ! ou les desserts, les desserts donnaient très envie, oups !).

À lire si vous avez envie d’un roman juste, avec un rythme certes lent, pas des dizaines de rebondissements, mais plutôt un approfondissement juste et progressif des protagonistes et de leurs relations. On est face à une jolie constellation familiale pleine de tendresse, malgré les failles et limites de chacun.

Vues : 72

A propos de TeaCup

TeaCup pourrait être mon vrai nom tant je suis accro au thé. Je suis une dévoreuse de livres compulsive, je lis de tout et en grande quantité (plus ou moins quoi !). J’ai pensé à me soigner, mais finalement j'ai atterri sur un blog de chroniques. Je soigne le mal par le mal en somme.

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