Florence Cochet / Esprits enchaînés

Florence Cochet / Esprits enchaînés

Quelques infos sur le livre :

Esprits enchaînés

  • Auteur : Florence Cochet
  • Serie : 
  • Genres : Urban Fantasy
  • Editeur : Editions Flammèche
  • Collection : Flamm’bleue
  • Publication: 01/ 09/ 2015
  • Edition: Numérique
  • Pages : 320
  • Prix : 19,90€
  • Rating:   

 

Résumé :

Loren Ascott, détective au sein de l’Agence de Recherche Paranormale, n’a a priori rien d’extraordinaire si ce n’est un don pour s’attirer les ennuis. Lorsqu’un certain Anderson demande à la rencontrer et lui propose une mission pour le compte du riche collectionneur Sir Andrew Telmoore, elle hésite. Pourquoi elle ? L’homme sait se montrer convaincant. Et puis, traquer un esprit dans un vieux château en rénovation n’a rien de bien compliqué… Alors pourquoi pas ? C’est avec l’espoir de rapidement régler l’affaire que Loren quitte la grisaille parisienne pour les vertes forêts du Gévaudan. Mais une fois sur place, elle déchante vite. Car les murs du château de Baldassé semblent renfermer de nombreux et terribles secrets. Des secrets que son nouvel employeur s’est bien gardé de lui révéler…

 

Avis de TeaCup :

Je tiens à remercier Nicolas des éditions Flammèche pour l’envoi de ce SP.

J’avais hâte de découvrir Florence Cochet dont je connaissais la plume par sa saga fantasy chez Laska dans un autre style plus à mon goût : je suis plus branchée urbanfantasy que fantasy classique. C’est chose faite avec ce petit roman.

On retrouve le style de l’auteur, les phrases sont très travaillées et l’écriture un peu complexe peut plaire ou déplaire selon ce qu’on a l’habitude de lire. J’ai trouvé son style plus entraînant ici qu’en fantasy c’est plus immédiat, plus immersif donc ça m’a bien convenu. Je continue à trouver certains passages un peu lourds avec de nombreux adverbes, des paragraphes entiers pour décrire les gens, les lieux… des fois cela a tendance à ralentir inutilement l’action sans nous immerger plus, sur certains passages cela devenait presque monotone, je dois l’avouer. Je me suis sentie un peu submergée par la description d’un protagoniste ET des vêtements ETdu lieu… sans parler du dialogue et des réflexions de l’héroïne. Là, je trouvais qu’on perdait le côté plus entraînant dont je parle plus haut, défaut qui disparaît par contre dans les scènes d’actions ou en plein dialogue.

Passons à l’histoire. Point positif, si ce n’est pas de l’inédit c’est plaisant et ça se complexifie vraiment au fur et à mesure. Déjà ça se passe en France, j’aime bien quand les auteurs ne se sentent pas forcés de situer l’action aux US pour faire « urban ». Là on est dans un château, l’héroïne réfléchis et ne se laisse pas bêtement mener par le bout du nez, elle enquête, réfléchis, se bat… donc c’était intéressant/sympa. Ceci dit, je trouve qu’on a du mal à entrer en empathie avec elle, peut-être un manque d’humour général ? C’est à la première personne on peut difficilement faire plus proche et malgré tout, il y a un petit côté froid qui perdure tout du long.

Le gros point noir de ce roman pour moi : le rythme. J’avoue m’être un peu ennuyée. C’est pour ça que ma note n’est pas excellente. Je l’ai déjà dit, tout est décrit ; du repas de l’héroïne rôti et patate… à quand elle se lave et ses vêtements, ses pensées… et le livre couvre peut-être trois bonnes semaines d’événements. Donc forcément ça finit par se répéter elle se lève dix fois avec son réveil… Pour faire une comparaison, on suit de la même manière Anita Blake, avec tout autant de détails, mais pas si longtemps, l’action est très condensée on ne suit sur un tome que 72h ? Bref, à peine quelques jours,ce qui sur « Esprits enchaînés » finit par ralentir trop l’aventure à mon goût. Un petit côté redondant, avec des indices disséminés lentement…bien sûr, c’est crédible, mais un peu au détriment d’un bouquin avec un vrai punch en plus d’une histoire fouillée.

Ce que j’aime particulièrement en urbanfantasy c’est quand ça déménage, que c’est piquant et drôle, pas forcément expédié, attention, mais que l’auteur me mène à fond de train dans son intrigue. Je n’ai pas ressenti ça dans « Esprits enchaînés », même si c’est minutieux et travaillé sur le contexte, les intrigues principales et secondaires.

Autre vraie critique, l’héroïne qui nous sort des connaissances comme ça, par hasard qu’elle possède bien à propos « tiens tel lieu se nomme ainsi dans un château »… ah ? J’aurai préféré qu’un personnage le lui dise au détour d’un passage plutôt que l’info soit « balancée » ainsi. Mais ça reste du point de détail, on est d’accord. Ça m’a juste fait sourire. Comme des rares moments où on quitte la narration à la première personne pour partir sur un autre type de narration et donner des petites infos, je trouve ça un peu « triché ». Tout doit passer par l’héroïne, où on équilibre tout le livre ainsi et on a de multiples narrateurs (ou deux ou trois réguliers je ne sais pas), pas juste « quelques fois » à point nommé…

Dernier point avant la conclusion, sur l’histoire globale je craignais d’avoir grillé très vite les tenants et les aboutissants de l’enquête, j’avais peur que cela soit trop simple… et manichéen, l’héroïne gentille et qui se dit très maline (sans parfois tout comprendre ou se faisant bien berner), qui n’a peur de rien… de ce côté, vrai travail. L’héroïne n’est pas parfaite elle se trompe, elle peut avoir peur, mais n’est pas peureuse… Et on a une évolution de l’enquête assez compliquée avec une histoire principale et secondaire, des doubles rôles sur certains personnages… (je n’en dis pas trop pour éviter les spoilers), bref le fond me semble très réussi. C’est la forme de l’histoire : dynamique, organisation globale de l’histoire et donc du rythme que j’aurais aimé voir vraiment plus prenant.

Une fois de plus, je n’ai rien à redire sur la qualité du texte et de l’ebook. On sent un bon boulot d’édition ce qui est très appréciable chez tous les petits éditeurs, cela prouve le grand soin qui est apporté au travail et j’y suis personnellement sensible, c’est top de voir un tel boulot. Pas non plus de grosses fautes ou autre qui vous gâche la lecture, ou des répétitions à tout bout de champ, de phrases lourdingues…Bravo à Florence Cochet et à Flammèche pour ça.

 

Extrait :

La nuit ne porta rien. En revanche, les prunelles ombrageuses d’Édouard, le lendemain matin, me convainquirent d’accepter la mission, sinon, ma vie deviendrait un enfer jusqu’au retour du grand patron, prévu en novembre ! Ensuite, si je survivais, je pourrais toujours me plaindre de son attitude dictatoriale. Je capitulai donc et à onze heures cinquante-neuf, assise en face du cher homme qui me couvait d’un regard d’aigle, je composai le numéro de portable inscrit sur la carte de visite. Mon supérieur enfonça d’un index impérieux la touche du haut-parleur. Le notaire répondit à la seconde sonnerie :

— Roger Anderson, j’écoute.

L’accent britannique intensifiait sa diction compassée.

— Bonjour monsieur, Loren Ascott de l’ARP à l’appareil.

— Je n’espérais plus votre appel.

Une vibration dans sa voix m’affirma le contraire : il savait que j’attendrais la dernière minute pour téléphoner. Je détestais me révéler prévisible ! Le visage granitique de mon vis-à-vis m’empêcha de lui raccrocher au nez et je repris :

— J’accepte votre offre. Avez-vous la possibilité de venir à l’agence rencontrer notre directeur adjoint afin de signer le contrat ?

— Avec un immense plaisir. Je passerai en début d’après-midi, si cela convient.

Édouard hocha la tête ; un rictus de gloutonnerie étira sa bouche lippue. Il se délectait déjà de la rondelette somme que rapporterait cette affaire. Je pestai en mon for intérieur : le piège se refermait sur mon humble personne.

— C’est parfait. Quand partirons-nous ? demandai-je un brin sèchement.

Les yeux marron de Vorand lancèrent un avertissement. On reste gentille avec un client, surtout lorsqu’il paie aussi bien ! Mon interlocuteur ne s’en émut pas :

— Ce soir. J’ai une réservation dans le train pour Marvejols.

— Ce soir ?

Une pointe d’angoisse me serra la gorge.

— Je vous l’ai dit, je ne peux m’absenter longtemps du chantier. Le départ est à dix-huit heures quarante-sept, gare de Lyon, voie cinq, voiture numéro deux, premier compartiment.

Voilà qui était rapide et précis !

— J’y serai.

— Je n’en doute pas.

Il raccrocha. Je saluai Édouard et le quittai en hâte. La satisfaction qui suintait par tous ses pores m’écœurait. Il attribuerait ma réaction au stress des préparatifs… et n’aurait pas entièrement tort.

Je traversai le hall en trombe devant une Justine éberluée et m’enfermai dans mon bureau. Quatre choses à faire : ranger mon capharnaüm, me trouver un remplaçant au dojo – je donnais en soirée des cours de karaté et de self-défense pour arrondir mes fins de mois –, boucler mes bagages et me renseigner sur la ville de Marvejols, s’il s’agissait notre destination finale, ce dont je doutais fort.

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