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Marina Lewycka / Traders, hippies et hamsters

Quelques infos sur le livre :

Traders, hippies et hamsters

  • Auteur : Marina Lewycka
  • Série : 
  • Genre : Littérature
  • Editeur : J’ai lu
  • Collection : 
  • Publication : 31/10/2018
  • Edition : Poche
  • Pages : 574
  • Prix : 8,90€
  • Rating : 
5 étoiles

Marcus et Doro, deux hippies vieillissants, réunissent leurs anciens camarades de la communauté dans laquelle ils ont vécu pendant vingt ans pour célébrer leur amour. À cette occasion, les enfants vont réévaluer l’idéal de leurs parents… Oolie-Anna, atteinte de trisomie, aimerait bien tenter l’amour libre, comme sa mère. Clara, l’institutrice, rêve de salles de bains impeccables, alors qu’elle s’occupe chaque jour d’enfants défavorisés qui sentent l’urine et la graisse. Quant à Serge, il a complètement rejeté l’utopie des hippies. Trader à la City – alors qu’il prétend terminer une thèse de mathématiques –, il prend de plus en plus de risques sur un marché financier instable. C’est parti pour une réunion de famille qui s’annonce agitée !

Avis de TeaCup :

Je tiens à remercier les éditions J’ai lu pour l’envoi de ce SP.

Ce livre est un peu le royaume des contradictions des loufoqueries et des clins d’oeil humoristiques. Voir le livre ouvert par un trader qui est fils de hippies a quand même de quoi à faire sourire.

J’ai beaucoup aimé la plume de l’auteure la manière dont elle déploie son histoire, nous présente les personnages par touches successives avec beaucoup de finesse. Je suis vraiment assez heureuse de cette découverte cet univers et la manière dont elle nous le présente m’a fait penser à plein de films feel good dont j’ai adoré le pitch, donc j’avais un super a priori dès le départ qui s’est bien vérifié. Si ce n’est pas un coup de foudre devant l’éternel, ce roman est vraiment sympathique on passe un excellent moment.

Je note déjà une grande capacité de l’auteure a planté le décor, le ton et à nous montrer les scènes de ce roman. Cet aspect m’a beaucoup plu c’est immersif, drôle, ça nous embarque facilement dans la lecture et on aime le côté doux dingue de l’histoire.

Les oppositions entre les modes de vie, l’opposition entre ces modes de vie très engagés dans une communauté hippy et ce qu’il en reste pour la génération suivante permet de s’interroger mine de rien sur nombre de sujet, amour et amour libre, capitalisme et j’en passe…

On sent bien les idéaux égratignés, le temps qui passe et a réalité parfois bien violente avec les utopies qu’on peut entretenir. Il y a une sorte de melting pot de gens, d’univers, de situations qui rend le livre très humain on a l’impression qu’il en devient plus réaliste. J’ai beaucoup aimé ça.

L’auteure fait des ellipses se balade entre ses personnages, les époques, les scènes avec une sorte de facilité en emmenant le lecteur par la main dans cette course folle. C’est vraiment l’un des aspects les plus sympathiques (et pour moi) parlant, celui qui m’a fait me dire « je vais essayer un autre de ses romans ! » signe que j’ai quand même bien accroché.

Un roman un peu doux dingue, un bon moment de lecture à découvrir.


SERGE : L’Usine
Le monde a perdu la tête, même si la plupart des gens ne s’en sont pas encore aperçus. Tout a l’air normal, mais Serge sent comme un léger parfum de folie flotter dans l’atmosphère. Il est huit heures du matin, en ce lundi 1er septembre 2008, à Londres, le Stock Exchange vient à peine d’ouvrir et tout autour de lui, les traders ont déjà le nez collé sur l’écran.
La salle de marché de Finance & Trading Consolidated Alliance ressemble à une énorme usine à profits qui génère des bénéfices à l’échelle industrielle. La salle aux allures de caverne accueille une centaine de personnes qui occupent six longues rangées de postes de travail placés face à face, sur lesquels s’alignent des séries d’écrans affichant minute après minute les incessantes fluctuations des marchés. Les fenêtres sont obscurcies afin que, à aucun moment, le soleil ne blanchisse les moniteurs et le plafond est suffisamment haut pour absorber le bourdonnement industrieux des échanges et du cliquetis des claviers qui accompagne les transactions. Cependant, l’air y est renfermé et il flotte une vague odeur soufrée de plastique surchauffé provenant du matériel informatique, qui tourne non-stop depuis son installation, car le moindre instant de pause ou d’arrêt serait un instant où l’on ne gagne pas d’argent.
La salle est bordée des deux côtés par des bureaux vitrés réservés aux responsables d’équipe. Le bureau d’angle situé à l’autre bout, côté nord, est utilisé par les analystes quantitatifs attachés à l’équipe de titrisation, ce qui reflète leur importance dans la hiérarchie de la société. Lesdits «quants» sont représentés par six garçons et une fille censés éliminer le caractère risqué du risque grâce au génie mathématique.
L’unique fille est Maroushka. De son poste de travail, Serge la voit par la porte ouverte, renversée sur un fauteuil pivotant, les pieds sur le bureau, le portable vissé à l’oreille. Pieds nus. Jambes nues. Les ongles de pied rouge bling-bling, comme des rubis. Elle parle dans cette curieuse langue pétillante qui est la sienne et il se surprend à écouter au lieu de se concentrer sur les données qu’affiche son écran. Il n’a jamais composé de poème jusque-là, mais il faut dire qu’il ne s’est jamais senti aussi inspiré.

Princesse Maroushka !
Entends la chanson de Serge !
Que nos destins convergent
Sur ces… machin-chose…
Vertes et lumineuses ? Obscures et sataniques… berges.

«Hello Sergei !» Elle surprend son regard et agite quatre doigts dans sa direction.
Il passe la tête par la porte. «Hello, belle princesse de Zh…» D’où elle vient, déjà ? «Alors tu t’es bien amusée pour ton anniversaire, vendredi ?
– Très bien, merci. Ça va ? Tu étais très beaucoup ivre. Tu as tombé à terre.
– Oui, je me suis un peu cuite. Mais ça valait le coup de te voir danser sur la table.
– C’était la danse folklorique de mon pays. À Zhytomyr c’est comportement normal pour anniversaire.»
Elle lui souffle un baiser et se détourne pour reprendre sa conversation téléphonique.
«Tu devrais ranger ça. Si Timo te voit tu vas avoir des ennuis.
– Pourquoi ?»

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A propos de TeaCup

TeaCup pourrait être mon vrai nom tant je suis accro au thé. Je suis une dévoreuse de livres compulsive, je lis de tout et en grande quantité (plus ou moins quoi !). J’ai pensé à me soigner, mais finalement j'ai atterri sur un blog de chroniques. Je soigne le mal par le mal en somme.

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