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Kent Harrington / Le jour des Morts

Quelques infos sur le livre :

Le Jour des Morts

  • Auteur : Kent Harrington
  • Genre : Thriller
  • Editeur : Thomas & Mercer
  • Publication : 19/06/2018
  • Edition : Numérique
  • Pages : 300
  • Prix : 9,99€
  • Rating : 

Résumé :

Ville frontière entre le Mexique et l’Eldorado américain, Tijuana est une improbable Gomorrhe des temps modernes où tout s’achète et se vend pour une poignée de dollars. C’est dans cette cité-fournaise gangrenée par la corruption, le bruit, la misère, la violence et le sexe qu’a fini par échouer Vincent Calhoun, un ancien Marine devenu agent de la DEA, les Stups américains. Accro au jeu et endetté, Calhoun se maintient à la surface en monnayant ses services de passeur. Immigrants clandestins, criminels condamnés, barons de la drogue : peu importe la cargaison pourvu que l’argent rentre.

La veille du jour des Morts, Céleste Stone débarque d’un car de prisonniers nouvellement libérés sur la grand-place de Tijuana. Dix ans après un premier coup de foudre fatal et une condamnation pour viol sur mineure, alors qu’il est professeur d’espagnol et Céleste lycéenne, Calhoun retombe instantanément, viscéralement amoureux de la jeune femme. À bout de course, épuisé par une fièvre infectieuse, il veut croire au retour de sa bonne étoile ; la réapparition de Céleste précipitera pourtant sa descente aux enfers.

Le Jour des Morts de Kent Harrington est un grand thriller noir, une œuvre puissante qui explore les profondeurs de la corruption humaine en quête d’un peu de lumière, celle d’une possible rédemption.

Édition révisée : Cette édition de Le jour des Morts comprend des révisions éditoriales.

Avis de Anne_B :

Je remercie NetGalley pour m’avoir permis de lire ce roman en Service Presse.

Tijuana, une des villes les plus dangereuses du monde en terme de criminalité, écrasée de chaleur et de pollution, s’apprête à fêter le Jour des Morts, une fête païenne très populaire au Mexique. Vincent Calhoun, ex-Marine, agent du DEA (la brigade américaine des stups) y est dans le pétrin. Accro aux courses de lévriers, voilà plusieurs mois que la chance l’a quittée et qu’il est endetté jusqu’au cou. Pour rembourser ses dettes, il s’est fait « coyote ». Il fait traverser la frontière à de riches clients voulant émigrer aux USA clandestinement. C’est un flic corrompu, complètement désabusé et malade de la dengue. Pourtant, il y a 10 ans, il était professeur d’espagnol. C’était même une vocation pour lui et à 25 ans, il était promis à un bel avenir. Le destin en a décidé autrement le jour où il est tombé fou amoureux d’une de ses élèves âgée de 17 ans, Céleste Stone. Les amoureux ont vécu un an d’amour partagé avant que le père de la jeune fille ne les surprenne et accuse Vincent de détournement de mineure et de viol. Dès lors, tout se brise pour le professeur stagiaire, Céleste ne va pas le soutenir. Par son silence, elle le condamne à passer en jugement. Et pour éviter la prison, Vincent accepte de s’engager dans les Marines et de quitter sa région natale. Dix ans après, c’est donc par hasard qu’à Tijuana, il y retrouve Céleste descendant du car de la prison de Rio Sangre avec d’autres prisonniers qui, comme elle, viennent d’être nouvellement libérés. Après le questionnement et la colère, Vincent retombe amoureux. La chance aurait-elle enfin tourné en sa faveur ?

Le Jour des Morts est un roman sombre et violent. La corruption à toutes les échelles du pouvoir, la violence des cartels de drogues, des trafiquants d’êtres humains sont omniprésentes. La moiteur, la misère prennent aux tripes. Franchement, Tijuana donne l’impression d’être l’enfer sur Terre.

Quant aux personnages, celui de Vincent est celui qui m’a vraiment touchée. Même s’il est blasé, il a encore beaucoup d’humanité en lui. C’est par exemple l’un des coyotes les plus chers de Tijuana, capable de demander des sommes astronomiques mais aussi de ne réclamer que quelques dollars à des clients pauvres qui l’auront touché émotionnellement. Ou encore de donner des pourboires énormes à un petit gamin seul au monde. Avoir autant de malchance, de déchéance et tout ça par amour, c’est d’une telle tristesse. Ensuite Céleste, difficile de la trouver sympathique après ce qu’elle a fait. Mais c’est finalement grâce à elle que Vincent parvient encore à avoir quelques lueurs d’espoir. Quant aux autres personnages qui gravitent autour, tous retiennent l’attention. Cela va de Castro, le policier mexicain ripoux et meilleur ami de Calhoun, en passant par Paloma Vasco, très énigmatique ou bien Frank Guzman, le richissime obèse. Bref toute une panoplie de personnages hauts en couleurs.

Le scénario est digne d’un film et je n’ai pas été étonnée d’apprendre que les droits cinématographiques avaient été achetés au moment de la parution du livre. Dommage que cela ne se soit jamais concrétisé.

Pour la petite histoire, le livre est paru pour la première fois en 1997 et a été réédité à plusieurs reprises. Dans cette version, à la fin du récit, Kent Harrington, son traducteur et un ami producteur de cinéma sont retournés à Tijuana 20 ans après l’histoire de Vincent Calhoun. Leurs réactions sont très intéressantes à lire.

Le seul bémol aura été une très mauvaise qualité du fichier numérique. Difficile de se concentrer quand, par exemple, les numéros des pages s’insèrent dans le texte, ou bien quand le nom de l’auteur apparaît et se répète constamment, ou encore quand les notes du traducteur s’intercalent au milieu des phrases. Cela m’a gâché le plaisir que j’ai pris à lire ce roman, j’espère juste que la qualité est meilleure pour les livres numériques vendus, le mien étant un service presse. Sinon, je vous encourage à préférer la version papier.

Extrait :

La fête des Morts, se dit Calhoun. Et après ? Il déballa le bonbon traditionnel du 1er novembre qu’il avait acheté la veille au champ de courses. Un petit personnage noir en réglisse avec son squelette estampé en blanc. Il le fourra dans sa bouche et mordit dedans. Et après ? se dit-il. A chaque jour son peso.

Il avait plu à verse la veille au soir. La violence de l’orage s’était confondue avec ses râles de plaisir et de frustration dans un endroit de la ville qu’il voulait déjà oublier. Pendant qu’il baisait, il avait revécu sa soirée aux courses. Il avait entendu les clameurs de la foule en mordillant les seins de la fille, vu les tribunes vibrer en se déshabillant. Il avait été aveuglé par les projecteurs quand elle s’était retournée dans le noir, et quand ils avaient commencé à baiser, les cris d’encouragement lancés aux lévriers avaient résonné à ses oreilles. Quand il s’était arrêté, finalement épuisé, il avait trouvé au visage de la fille la même expression que celle d’un lévrier à la fin d’une course perdue.

Tormenta, avait-elle dit en levant les yeux vers lui, l’air interrogateur.

A cet instant seulement il avait entendu la pluie battante.

A propos de Anne B

"Il faut toujours garder une petite place pour les livres" telle est la devise que je vous délivre et j'essaie de m'y tenir avec beaucoup de plaisir ! Bisou

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