Mary Balogh/ Le double pari

Titre : Le double pari

Auteur : Mary Balogh

Série :

Genres : romance historique

Editeur : J’ai lu

Collection : Regency

Date de Publication:   2/2/2022

Edition (papier/ebook ):papier

Pages : 314

Rating: 4/6

Présentation de l’éditeur

Devant les membres ahuris de son club, le duc d’Eversleigh annonce qu’il renoncera bientôt au célibat.

— Une épouse est un mal nécessaire. La première débutante venue fera l’affaire. Dans un mois, l’affaire sera bouclée.

— Un mois ? Impossible ! assurent ses amis.

— Pari tenu, réplique le duc, très sûr de lui.

Il ignore que, pour faire taire les mauvaises langues qui la traitent de garçon manqué, Mlle Henrietta Tallant a parié qu’elle décrocherait une demande en mariage dans les plus brefs délais ¿ proposition qu’elle n’a pas du tout l’intention d’accepter. D’autant qu’elle a choisi l’inaccessible duc d’Eversleigh, ce paon vaniteux qu’elle va se faire une joie de ridiculiser…

Extrait

— C’est à se demander si un seul d’entre nous demeurera épargné d’ici les cinq prochaines années.

Assis en face de lui à la table de jeu, Rufus Smythe vérifia les plis de sa cravate, lissa la dentelle de ses manchettes sur le dos de ses mains, puis rassembla les guinées et les reconnaissances de dettes qu’il venait de remporter. Il s’efforçait de feindre une nonchalante indifférence, comme si ces gains n’étaient pas les premières espèces sonnantes et trébuchantes à garnir ses poches depuis plusieurs semaines.

— Pauvre Hanley, commenta-t-il. On se demande lequel d’entre nous sera le prochain à tomber.

Prostré dans les profondeurs d’un fauteuil en cuir approché d’un feu de bois déclinant, le « pauvre » Hanley poussa un soupir pathétique sans quitter les flammes des yeux.

— C’est mère qui a insisté, dit-il d’un ton plaintif.

— Une peine à perpétuité, lui rappela sir Wilfred.

— Elle n’a pas voulu en démordre, expliqua Hanley. Puis père a pris son parti. Ils se sont ligués contre moi.

— Voilà qui n’est guère fair-play, Dick. Quel dommage que le père d’un ami jette l’éponge sur un sujet aussi sérieux.

Avis

Je tiens à remercier les éditions J’ai lu pour l’envoi de ce SP.

J’ai lu ce petit roman assez vite, il est sympathique mais pour quelques aspects j’en suis ressortie partagée. Je m’explique. Honnêtement le duc d’Eversleigh est un personnage tellement flegmatique, caustique, pince-sans-rire, en toute situation vraiment (même les plus intimes ou épiques), que j’ai adoré ça. Henrietta dit Henry qui rétorque à chaque tentative de séduction ou compliment des choses comme « cessez vos fadaises », pareil, j’ai adoré… mais au cours du roman nous avons de très longs pans de dialogue internes de Henry, qui ralentissent considérablement l’action. On nous fait comprendre qu’elle est à la fois très innocente n’ayant aucune idée du « devoir » d’une épouse, même si elle sait que des bébés doivent naître d’un mariage, comment, grand mystère. Elle fait preuve de discernement ou d’un grand aveuglement à tour de rôle et c’est assez déconcertant.

J’ai aimé qu’aucun des deux ne change réellement, ils restent fidèles à eux même – pour le duc j’aurais même voulu un peu plus de fougue à un moment donné pour moins de flegme, mais ça restait quand même assez drôle – et on apprécie quand même cette logique.

L’histoire du double pari et sa résolution est assez drôles, là où les embûches se trouvent dans cette romance n’est pas forcément où on l’attend. Le duc à quelques réflexions de misogynes bien senties, Henry est assez progressiste et se débat avec son époque comme elle le peut.

Le petit plus intéressant du roman est la famille atypique et bruyante de Henry que le duc va mater avec classe et détachement, jusqu’au perroquet qui jure – là encore le voir un peu mouillé la chemise ou sortir de son flegme même une toute petite foi, je n’aurais pas dit non.

C’est un roman assez drôle, léger avec de nombreuses bonnes répliques et un humour omniprésent… et en même temps on ne dirait qu’aucun des personnages de ne s’investit à fond comme si tout le monde jouait une pièce en dilettante un peu. J’ai vraiment trouvé ça curieux et ça m’a fait secouer la tête toute seule. L’autrice prend cette histoire avec une forme de détachement, même si les intrigues restent classiques elles tiennent la route. La temporalité du roman st un peu curieuse, on apprend sur la fin que quelques 9 ou 10 semaines en tout se sont écoulées, il y a pourtant une manière de décrire les choses qui donnent plus l’idée d’une année entière. L’évolution des sentiments de l’héroïne qui est la narratrice est assez progressive et logique.

Bref, j’avoue avoir manqué d’un peu de passion ou de fougue qu’on pourrait trouver dans un Jane Austen à un Darcy. On a le flegme et l’humour, mais pas le moment où on va s’accrocher au héros et faire son cœur guimauve. Cela reste vraiment sympa dans le genre, pour tout ce que j’ai décrit (humour, personnages décalés, petite famille un peu folle, quelques pieds de nez aux convenances…), mais pas inoubliable. Si vous aimez les Regency, ne boudez pas votre plaisir. Je pense que j’essaierai d’autres romans de Mary Balogh malgré tout.

Vues : 89

A propos de TeaCup

TeaCup pourrait être mon vrai nom tant je suis accro au thé. Je suis une dévoreuse de livres compulsive, je lis de tout et en grande quantité (plus ou moins quoi !). J’ai pensé à me soigner, mais finalement j'ai atterri sur un blog de chroniques. Je soigne le mal par le mal en somme.

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