Le fermier qui parlait aux carottes et aux étoiles – Julia Mattera

Petite présentation du livre chroniqué :

Titre : Le fermier qui parlait aux carottes et aux étoiles

Auteur : Julia Mattera    

Série :

Genres : Littérature contemporaine

Editeur : Editions Pygmalion

Collection :

Publication : Le 3 Mars 2021

Edition : Broché

Pages : 256 pages

Prix :  18.50€

Rating :

Résumé du livre :

La ferme auberge des Walch est une institution dans la vallée de Munster. Ici, les touristes affluent pour goûter la cuisine de Robert, un fermier solitaire qui préfère la compagnie des légumes à celle des hommes.
Râleur et introverti, Robert reste une énigme. Comment un homme aussi bourru peut-il créer des mets doux et délicats ? Et ses secrets sont bien gardés… à moins qu’une rencontre ne le pousse à inviter le monde réel dans son univers fantasque et merveilleux.

Votre avis :

Direction la jolie vallée de Munster, en Alsace afin de nous installer dans l’une des chambres de la ferme auberge de la famille Walch, géré par Elsa et Robert. Et qui a une jolie réputation dans la région car bon nombre de touristes y posent leurs valises pour y prendre la dose de nature nécessaire, même si bien souvent ils ne saisissent pas vraiment la culture fédérée par la maison Walch, mais également goûter à l’exquise cuisine du fermier.

A la ferme, il y a donc Elsa, la sœur ainée et mère célibataire des jumeaux David et Charlotte, de vrais petits chenapans, et qui gère l’aspect économique et commercial des lieux et évidemment Robert, le fermier pur jus des lieux. Un vieux garçon totalement hermétique face aux gens qui viennent piétiner les lieux, mais qui se dédicace entièrement à ses légumes et ses animaux, et aussi à la cuisine.

Mais le temps d’une saison d’été, tout risque de changer, au même titre que la tranquillité du fermier bourru et souvent caché dans son potager. Voyez-la un peu comme la saison de tous les défis, surtout pour Robert. Mais est-il prêt à laisser les gens découvrir son univers fait des joies simples de la vie ?

Poussé dans ses retranchements, où il s’y sent plus qu’en sécurité, par sa sœur aînée qui veut que son frère s’ouvre un peu plus aux autres, sorte de sa ferme et découvre le monde, Robert ne voit pas l’intérêt de satisfaire la requête de sa sœur. Et puis après tout, elle est là pour satisfaire toutes les demandes de ces gens qui viennent à la ferme.

Collé aux basques par Hassan, son apprenti de l’été, un jeune adolescent aussi renfermé que le fermier, Robert est obligé de lui apprendre à parler aux carottes et aux étoiles. Même si aux premiers abords, Hassan a du mal à saisir l’intérêt de ces leçons.

Et c’est ainsi que ces deux personnes se trouvent tant de points communs malgré le peu de communication établie entre eux. Aux côtés d’Hassan, Robert apprend à voir les choses d’une autre façon.

Mais quand débarque la pétillante Maggie, une londonienne venue passer quelques jours à la ferme auberge et rejoindre son amie, Fatima, la mère d’Hassan, Robert est troublée par cette femme qui cherche à l’apprivoiser tel un animal blessé.

Lui, qui a du mal à faire confiance aux gens, comment se fait-il qu’il laisse cette citadine nouer des liens avec lui ?

Leur rapprochement est si touchant et prometteur également car même si le fermier ne veut pas quitter son potager et ses animaux, il ne souhaite pas non plus laisser filer Maggie.

Tel un feu follet, la citadine est charmée par cet homme-enfant, timide, bourru mais qui ne demande qu’à être compris et écouté.

Mais alors pourquoi lui qui a tant de facilité à communiquer avec ses carottes et ses biquettes, n’arrive-t-il pas à aller vers les autres ?

La ferme auberge des Walch est une invitation à découvrir la nature mais surtout les gens qui la font vivre et la rende si passionnante.

J’ai passé un magnifique moment de lecture qui m’a tant fait sourire et où j’ai fait la rencontre de Robert Walch, le fameux fermier qui parlait aux carottes et aux étoiles.

Un roman totalement régressif car au fil des pages, je me revoyais petite dans le jardin de ma grand-mère, à prendre soin du potager, comme à l’instar de Robert qui bichonne ses tomates et conte fleurette à ses courgettes. Ou encore ramasser les œufs au poulailler et m’affairer avec les lapins.

Oh la la, tous ces souvenirs qui ressurgissent et qui me prennent aux tripes.

Je me suis également reconnue dans le caractère introverti de Robert, car moi aussi je préfère la compagnie de mon chat et de mes livres, et que cela vire à la torture d’aller vers les gens.

Qu’est-ce que je donnerais pour retourner à la ferme de mes grands-parents où enfant, je me baladais au milieu des pieds de maïs, me cachais dans le chai et de retrouver les sensations que ce roman a ravivé et qui a tant ému la solitaire que je suis.

Le fermier qui parlait aux carottes et aux étoiles est une réussite et vous invite à le découvrir, et surtout à prendre autant de plaisir que j’en ai eu. On a tous un peu de Robert Walch en nous, en fin de compte.

Un petit plus considérable avec les quelques mots d’Alsacien offerts par l’auteure au travers de ses mots enchanteurs. Un jour, je retournerai en Alsace et pousserai peut-être la porte d’une ferme auberge comme celle des Walch.

Et pour conclure, je tiens à remercier les Editions Flammarion ainsi que Pauline et Myriam, qui m’ont confié la lecture de ce service presse dans le cadre de notre partenariat.

Extrait :

« Dans le silence de la nuit, sous les étoiles à demi cachées par les nuages, ils traversent l’allée menant au potager. Hassan sourit en distinguant un grand panier posé près du carré des carottes. Il a compris ce qui l’attendait et n’ose plus parler de peur que Robert le prive du plaisir de participer à la récolte.

-Le ciel est lourd, il va bientôt pleuvoir. Je préfère tirer les carottes avant que la terre ne se change en boue.

Bon élève, Hassan hoche la tête.

-Je devais les tirer le jour de ton arrivée. Tout a été si chamboulé que les belles commencent à s’impatienter.

-Les « belles » ?

Robert, qui ne s’était pas tourné vers Hassan pour lui parler, lui adresse un léger clin d’œil complice avant de l’inviter à s’accroupir face aux carottes. Côte à côte, ils observent les fanes qui dansent sous le souffle du vent. L’orage ne va pas tarder à éclater.

-Tu vois comme leurs cheveux vibrent sous la bise ?

Hassan écarquille les yeux. Oui, il voit nettement la chevelure des carottes.

-Elles sont très coquettes et aiment sentir l’air dans leur coiffe, c’est pour ça que je les cueille de nuit. L’air est souvent plus doux et les caresse gentiment. La météo a annoncé un gros orage, ce n’était pas prévu, alors mieux vaut agir avant qu’elles ne soient trempées…

-Vous causez comme ça de tous vos légumes ?

-Je parle à tous mes légumes, rectifie Robert. Tu m’as demandé de te révéler mon secret, il se trouve là. Les habitants de mon potager sont aussi sensibles que toi et moi, même plus. Alors, je prends le temps de discuter avec eux, de les distraire et de leur expliquer combien ils sont chanceux de finir dans ma cuisine… »

Vues : 71

A propos de Mela

Landaise et Bordelaise. Adore Starbucks et le chocolat. Dévoreuse de livres et qui aime ça. Un GROS faible pour les britishs, surtout les beaux mâles avec 2/3 jours de barbe. A une chatoune, Nina. Et accessoirement hôtesse de caisse pour passer le temps :)

Découvrir également

L.A. Cotton / Wicked Bay, tome 3 : Derrière les mensonges

Quelques infos sur le livre : Derrière les mensonges Auteur : L.A. CottonSerie : Wicked …

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :