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Zep – Vince / Esmera

Quelques infos sur le livre :

Esmera

  • Auteur : Zep (auteur) et Vince (illustrations)
  • Serie : /
  • Genres : Bande dessinée pornographique
  • Editeur : Glénat
  • Collection : Bandes dessinées
  • Publication: 25/11/2015
  • Edition: broché
  • Pages : 80
  • Prix : 24€
  • Rating:  

Résumé :

Esmera Santeneo a grandi au collège Sacro Cuore, une école de filles à Gênes. C’est dans cet environnement austère que la jeune fille voit les premiers désirs charnels naître en elle. Un peu désorientée, elle s’en remet à sa voisine de chambre et meilleure amie Rachele qui lui fait partager ses expériences en la matière. Devenue témoin privilégiée des premiers ébats de Rachele avec son petit ami Jacomo, Esmera apprend peu à peu à maîtriser son désir, comprend comment « calmer » celui des hommes pour faire en sorte que ça ne passe pas trop vite. Puis vient son tour : les premiers flirts, la masturbation… c’est un véritable parcours initiatique à la découverte du plaisir qui s’annonce pour la jeune femme. Un parcours qui résultera, des années plus tard, par une vie sexuelle libre, singulière et plurielle, qu’Esmera décide de raconter aujourd’hui, sans concessions…

 

Avis de BimboStratus :

J’ai vu Esméra à sa sortie, je l’avais feuilleté et même si le trait me séduisait je n’avais pas tellement accroché à l’histoire. Je l’ai revu récemment et j’ai décidé de l’acheter sur un coup de tête. Au final quelque chose me restait en tête après lecture et je n’arrivais pas à savoir quoi. Finalement j’ai trouvé ce qui me dérangeait et je regrette amèrement d’avoir acheté cette BD.

Les dessins sont très beaux et se prêtent très bien au récit sexuel.

L’histoire ne casse pas trois pattes à un canard, mais c’est une BD érotique et j’en ai lu des bien pires.

Néanmoins, on sent que cette BD a été écrite par et pour des hommes hétérosexuels et blanc. Pas une personne racisée dans la totalité du livre, invisibilisation totale. Déjà, ça commence très très mal.

Et là, le gros point noir du livre, in extenso : le plot tourne autour du fait qu’Esmera change de sexe à chaque fois qu’elle a un orgasme (Marcello est le nom de sa seconde identité). Je passe sur le fait que c’est binaire et sur le rapport de cette histoire avec la transidentité, je ne suis pas compétente pour en parler. Mais j’ai mis le doigt sur ce qui me faisait tiquer au-delà de ça :

  • Quand elle est une femme, Esmera couche indifféremment avec des hommes et des femmes. À un moment elle a une relation de deux ans avec une femme que sa particularité n’effraie pas mais elle la trompe parce que ça lui manque de pas baiser avec un homme. On apprend donc qu’Esmera elle n’en a rien à foutre de l’amour et de la loyauté – c’est bon pour l’homme qu’elle aime au début du livre et qui fuit devant sa première transformation. On apprend aussi que la bite, c’est vraiment indispensable. On voit enfin sa meuf se comporter comme une furie quand elle comprend avoir été trompée. Parce qu’on est des hystériques, c’est bien connu. En clair, c’est truffé de cliché sexiste et hétérocentrés.
  • Et quand elle est un homme, Esmera ne couche qu’avec des femmes. Ah non, pardon, Marcello va coucher avec deux hommes. À chaque fois il va être celui qui encule l’autre.
    Une fois elle viole un homme : cet homme, libertaire et égalitaire, qui croit en l’amour libéré et librement consenti contre l’ordre bourgeois, commence à coucher avec Esmera, et quand elle jouit elle devient Marcello, et là, s’ensuit ce dialogue :

    Homme : Hééé… qu’est ce que ça veut dire ??
    Marcello : Ne panique pas… c’est juste de l’amour ! … Ça va te libérer !
    Homme : Oui mais… Attends je ne sais pas si…
    Marcello : Chut. Laisse-moi terminer !
    *orgasme de Marcello – Homme visiblement choqué*
    Esmera : C’est un peu réactionnaire ton refus de l’homosexualité…

    En fait, on appelle ça un viol. Et je passe sur le fait que la pénétration se fait sans aucune préparation ni lubrification, ce qui montre que les auteurs ne doivent pas souvent s’amuser avec leur prostate mais aussi que ce n’est pas le plaisir de la sodomie qui est décrit ici mais un acte de domination d’un homme sur un autre par une pénétration. C’est à gerber.
    La seconde fois, les dessins montrent Esmera et une copine à elle qui dansent, prennent de la drogue avec un homme et finissent par coucher avec lui. Esmera jouit et devient Marcello, elle encule l’homme (aucune préparation à l’acte là encore), et le texte de narration à la fin dit : « Ce chanteur anglais ne savait pas que le LSD pouvait faire mal au cul… » On est là encore totalement dans la sodomie douloureuse et pas dans la sodomie préparée et agréable.

Voilà. Je suis en colère contre moi d’avoir acheté ce livre sans prêter attention à ma première impression. J’ai envie de le brûler. Je vais essayer de me le faire rembourser.

 

Extrait :

About BimboStratus

Rôliste passionnée, j'adore l'amour et le sexe. Féministe attentionnée, j'aime les nuages et les étoiles. Et les livres dans tous ça ? C'est surfait, mais y'en a des biens. Suivez mon regard.

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